La chasse aux infections

Comme dans tous établissement hospitalier, une catégorie d'ennemis invisibles est traquée sans relâche à Saint Gatien : les agents infectieux.
Le comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) coordonne la prévention et la riposte.

En milieu hospitalier, il arrive parfois que les malades soient agressés par des microbes qui déclenchent chez eux des infections " nosocomiales " (on appelle ainsi les infections contractées en milieu hospitalier, par opposition aux infections " communautaires " contractées avant l'hospitalisation).
Pour les équipes chirurgicales, le risque infectieux est un problème permanent, au même titre que la lutte contre la douleur. Pas facile d'y faire face ! La tâche est compliquée par le fait que les mécanismes des infections nosocomiales sont loin d'être clairs. Ainsi, par exemple, un individu peut fort bien cohabiter longtemps sans problème avec sa propre flore microbienne, puis devenir soudainement vulnérable à ces mêmes microbes, et développer une infection nosocomiale de soins.
Les staphylocoques sont les coupables les plus souvent impliqués ; " Ce sont les seuls " agents " du milieu hospitalier à ne jamais prendre de vacances, à être présents 24 h sur 24, chaque jour de l'année " insiste un chirurgien de Saint-Gatien.

Les missions du CLIN

Le CLIN est chargé de la surveillance des infections dans la clinique. De plus, il définit les procédures de soins pour prévenir les contaminations, et s'assure qu'elles sont respectées.
A Saint-Gatien, la centralisation informatique des résultats des examens microbiologiques effectués dans la clinique et la déclaration d'antibiotiques par les médecins de l'établissement sont, pour les responsables du CLIN, un moyen efficace de surveiller l'incidence des infections et de déceler très vite une éventuelle anomalie, puis, aussitôt, de déclencher la riposte la plus adaptée.
Au-delà des membres du CLIN, c'est évidemment toute la collectivité soignante qui s'implique dans cette lutte permanente. " Il y a un effort constant des médecins et du personnel de la clinique pour améliorer l'hygiène et pour lutter contre les infections nosocomiales " se plaît à souligner le président du CLIN.

La prévention est primordiale : Soyez acteur de vos soins.

  • Vos antécédents

Lors de la consultation chirurgicale et anesthésique préalables à l'intervention, pensez à signaler tout antécédent infectieux médical ou post-opératoire (furoncle, rhino-pharyngite, abcès dentaire, sinusite…).

  • La préparation du site opératoire

Les douches pré-opératoires sont des prescriptions médicales ; prévoyez au moins deux serviettes et quatre gants de toilette. Le rasage à sec du site opératoire est proscrit. Renseignez-vous auprès de votre chirurgien afin de connaître la conduite à tenir dans les jours précédents l'intervention.

  • Les visites

Si vous êtes hospitalisés en secteur de soins intensifs, demandez à vos proches de limiter les visites. De plus, sachez que les fleurs coupées ou en pot sont interdites.

La prévention passe aussi par un examen attentif du malade lors de sa consultation pré-anesthésique. Si un foyer infectieux est découvert, l'intervention peut être retardée, dès lors qu'elle n'est pas urgente. Une simple dent abîmée peut provoquer un infection grave d'une prothèse implantée. Une seule solution : l'extraire préventivement

Pour prévenir le plus efficacement possible les infections, des règles d'hygiène strictes doivent être respectées par tous les personnels de soins. En tête, figure le lavage des mains - pierre angulaire de toute la lutte antimicrobienne -, immédiatement suivi de la propreté de la tenue vestimentaire du personnel et de la douche préopératoire des patients.
L'efficacité du dispositif repose également sur la qualité des procédures de soins écrites et contrôlables, que celles-ci concernent l'utilisation des gants et des casaques protectrices, la préparation des champs opératoires (pièces de linges stériles placées autour de la zone à opérer), la pose d'un cathéter, la préparation d'un opéré, l'isolement des patients présentant des infections à germes particuliers, les soins aux malades en réanimation, un sondage urinaire, la stérilisation des instruments, la désinfection des surfaces, etc… Tout est codifié !
Lorsqu'elles surviennent, les infections concernent le plus souvent l'appareil urinaire (notamment du fait des sondes), les perfusions (à cause des cathéters), les plaies opératoires.

L'environnement sous contrôle

Le CLIN étend sa surveillance à l'environnement, en particulier dans les zones à risques (blocs opératoires, services de réanimation).
La surveillance de la qualité de l'eau et de l'air dans les blocs opératoires et autres endroits sensibles de la clinique, fait partie de ses attributions. Chaque salle d'opération est en surpression pour éviter toute entrée d'air autre que celle venant du système d'aération qui assure en permanence : filtration, maîtrise des flux, réchauffage ou refroidissement, humidification.
L'organisation et le fonctionnement des blocs opératoires sont conçus pour prévenir les infections. A titre d'exemple, les huit salles d'opérations ont des destinations bien spécifiques : cardio-vasculaire, ophtalmologique, orthopédique, digestive, ORL, etc. Toutes sont évidemment désinfectées après chaque intervention. Leur disposition a été étudiée selon le principe de " l'asepsie progressive " : la chirurgie cardiaque (la plus " protégée ") est l'activité la plus éloignée du sas d'entrée du bloc opératoire.
A cette organisation géographie s'ajoute une organisation dans le temps. Les opérations les plus sensibles (comme la chirurgie cardio-vasculaire avec pose de prothèses de valve ou la pose de prothèses articulaires) sont les premières à être effectuées le matin, dès l'ouverture du bloc. A l'inverse, l'activité dite " septique " est programmée en fin de journée…

Le souci du détail

Dans sa définition des mesures préventives contre les infections nosocomiales, le CLIN va très loin dans le détail, pour ne rien laisser au hasard.
Pour s'en rendre compte il suffit de prendre l'exemple de la procédure rédigée pour la douche pré-opératoire, destinée à diminuer la colonisation bactérienne de la peau. Rien n'est oublié : ni la nature des produits antiseptiques, ni le nombre de gants de toilette propres à employer, ni la manière de savonner, ni l'ordre dans lequel il faut laver les différentes parties du corps…
" Pour être efficace tout doit être standardisé, écrit " affirme le président du CLIN.

Le CLIN de Saint Gatien

Un médecins anesthésiste préside actuellement le comité de lutte contre les maladies nosocomiales de Saint Gatien. A ces cotés se trouvent : le président de la commission médicale, le biologiste, le pharmacien, la directrice des soins et l'infirmière hygiéniste.
Ce groupe de responsables est en relation régulière avec les surveillantes de chaque service pour entretenir une communication étroite avec l'ensemble du personnel.
Le CLIN de Saint Gatien est rattaché au CLIN-Ouest… Dans ce domaine également, l'union fait la force.